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Qu'est ce que le déficit de l'attention?

Dans la pensée commune, quand nous pensons au Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (ou TDA/H), nous imaginons des enfants peu attentifs, rêveurs, peut-être lents, ou encore turbulents ou agités.

Ce sont là deux profils différents qui sont décrits, mais qui sont regroupés sous un même trouble. Il existe en réalité trois formes de TDAH : une forme avec une prédominance d'inattention, une autre où l'hyperactivité et l'impulsivité priment, et enfin une forme mixte alliant à la fois inattention et hyperactivité / impulsivité. Des critères diagnostic sont établis par le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders-V (DSM-V) afin de nous éclairer sur la présence ou non d'un TDA/H. Cependant, cela ne constitue en rien un diagnostic définitif. Il est primordial de consulter un spécialiste de la santé, comme un neuropsychologue, afin d'évaluer les diverses fonctions cognitives de l'enfant avant de se prononcer.

Ce trouble trouve ses origines dans le lobe frontal du cerveau, et plus particulièrement dans l'aire préfrontale. Elle est chargée, entre autres, de stimuler l'attention et la vigilance de l'enfant, mais également de lui permettre d'autoréguler ses comportements. Ainsi, l'inattention et l'hyperactivité résultent toutes deux d'une immaturité ou d'un dysfonctionnement de cette aire. Cela explique pourquoi les médicaments utilisés sont les mêmes alors que nous observons deux types de comportements différents.

Plusieurs facteurs peuvent venir expliquer la présence d'un TDA/H : avoir consommé des substances nocives pendant la grossesse (cigarette, drogue, alcool), être né prématuré ou bien la présence de ce trouble dans notre famille. En effet, il a été montré que les chances de présenter un TDA/H étaient plus élevées si un membre de la famille en avait un.

Prévalence

Le taux de prévalence d'enfants atteints de TDA/H représente 5 à 7% de la population, et ce dans la plupart des pays occidentaux. Malheureusement le nombre de faux-positifs est actuellement trop élevé, notamment dû à une « mode » du TDA/H depuis les années 2000. Aux États-Unis, il est estimé à un million le nombre d'enfants ayant une médication pour un TDA/H alors que ce trouble est en réalité absent, soit 6,2% des enfants (âgés de 0 à 14 ans). Les enfants un peu trop turbulents vont être catégorisés comme présentant ce trouble et seront traités sans qu'un réel diagnostic ne soit posé. Il est donc impératif avant d'envisager tout traitement de consulter un spécialiste de la question, pour établir si le trouble est présent ou non. Ensuite seulement nous pourrons définir si une démarche est nécessaire.

Un diagnostic différentiel

Généralement, un enfant présentant un TDA/H aura du mal à suivre en cours, à s'organiser. Il sera facile à distraire et pourra être impatient ou ne tiendra pas en place s'il présente une hyperactivité/impulsivité. De plus, son estime de soi pourrait être basse. Mais avant de conclure qu'un enfant présente un TDA/H, il est important d'envisager d'autres pistes. Ainsi, une évaluation de l'intellect, des troubles de l'humeur, de l'anxiété ou bien d'un trouble du langage sera nécessaire. Souvent des signes sont similaires dans certains troubles. Par exemple, un enfant présentant un trouble du langage aura du mal à comprendre les consignes. De ce fait, il pourra paraître inattentif, incapable de rester en place aux yeux de l'entourage, alors que ce n'est pas le cas. Il est donc susceptible que cet enfant soit traité pour un TDA/H alors que son trouble est tout autre. Non seulement le traitement ne sera pas efficace, mais en plus l'enfant en pâtira sur la période où il sera sous médication. Il accumulera plus de retard par rapport aux autres élèves et son estime de soi sera encore plus affectée. Avoir l'avis d'un spécialiste est vital avant de décider d'adopter un traitement.

Que faire une fois un TDA\H diagnostiqué ?

Votre enfant vient d'être diagnostiqué TDA/H, quelles sont les solutions qui s'offrent à vous ? Tout dépend de l'évaluation qui a été faite. Il n'y a pas un protocole à suivre en particulier. Chaque prise en charge doit s'adapter aux besoins de l'enfant. L'approche sera donc pluridisciplinaire, c'est-à-dire que différents intervenants viendront apporter leur aide à l'enfant, chacun dans un domaine spécifique :

Il est possible de faire appel à un ergothérapeute si l'enfant à des difficultés avec la motricité fine (comme faire ses lacets ou écrire) par exemple.

Un orthophoniste peut être consulté si des difficultés se font ressentir au niveau du langage, écrit ou oral.

Si l'enfant présente de l'anxiété ou des signes dépressifs, il est souhaitable d'entamer une thérapie adaptée à son âge afin d’identifier la source de l'angoisse.

Un traitement médical est envisageable si le médecin le juge nécessaire.

C'est l’interaction de ces différents intervenants avec la famille et l'école qui permettra de résorber le trouble présent chez l'enfant. Enfin, il a été prouvé que plus de 50% des personnes présentant un TDA/H durant l'enfance voient leur trouble disparaître à l'âge adulte.

 

Sources :

http://www.douglas.qc.ca/info/trouble-deficit-attention

http://comportement.net/tdah/

https://aqnp.ca/documentation/developpemental/tdah/

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